Conférence et livre sur l’ancien recteur de Damgan

Sortie début juillet, «Leich. Le journal d’un recteur de la côte bretonne», retrace l’évolution d’un village (Damgan) et de l’évolution de l’Église et de la société française pendant les «Trente Glorieuses» à travers l’œil du père Constant Larboulette (1952-1979), l’ancien recteur de Damgan très apprécié de la population.

Cet ouvrage co-écrit par Jacques Paumier (créateur de la pharmacie de Damgan) et son fils Gonzague est en vente à Damgan au «Jockey» ainsi que dans toutes les librairies (Cheminant, Fnac, Amazon…).

Ils seront présents lors d’une conférence sur le livre, dimanche 4 août à 18h30 à la maison de l’huître à Pénerf et au salon du livre lors de la fête de la mer le 11 août.

Rencontre avec les auteurs:

Bonjour, quelle est l’origine de ce livre ?

Jacques: Avec Brigitte et nos deux ainés, nous sommes arrivés le 20 novembre 1974 à Damgan pour y créer une pharmacie (voir histoire de la pharmacie ici), trois autres enfants compléteront notre famille. La maison la plus proche de la nôtre se trouvant être le presbytère, c’est tout naturellement que des relations de bon voisinage se sont développées avec l’abbé Larboulette, recteur de la paroisse de Damgan depuis 1952. Sa bonhomie, sa disponibilité aidant, très vite des liens d’amitié et de confiance se sont tissés.

Gonzague: Ayant terminé mes études de journalisme en juin 2003 j’ai entrepris entre deux piges après le départ rapide de ma mère en octobre 2003, la lecture des bulletins paroissiaux de Damgan dont j’avais déjà apprécié la teneur, l’humour, la vie qui s’en dégage. J’ai poursuivi ce travail pendant une année, puis pris par ma vie professionnelle, j’ai passé le relais à mon père.

Quel support ?

Gonzague: Nous avons parcouru ou lu plus de 2000 pages dont nous avons d’abord tiré un document chronologique de 450 pages. Au début nous avons été attirés par le côté anecdotique, les petites histoires locales toujours narrées avec humour. Cependant, très vite, notre sélection de textes nous a entraînés bien au-delà de la personne du père Larboulette.

Le bulletin, véritable fil rouge, permet d’observer non seulement l’évolution d’une petite cité balnéaire qui se développe, qui prend le train de la modernisation, mais aussi les mutations de l’Église après le concile Vatican II qui s’ouvre en 1962 et celles de la société notamment après mai 68.

Les chroniques du bulletin servent au père Larboulette d’habillage pour exprimer tant sa logique d’homme d’Église chargé de faire évoluer ses paroissiens que sa logique d’homme de la cité toujours dirigé vers l’avenir.

67244767_212290636369982_5599275845056200704_nPourquoi Leich ?

Jacques: Le père Larboulette crée en 1956 un bulletin paroissial mensuel, pour appuyer son argumentation il s’aide parfois d’un personnage virtuel aux multiples identités, Leich, Mme Dubénit, Mme Dumissel… pour exprimer l’opinion d’une partie de la population et bien souvent les réflexions qu’il ne peut se permettre de développer en tant que responsable officiel de la paroisse.

Qu’est ce qui caractérise le père Constant Larboulette? 

Le père Larboulette est un homme agréable et jovial, très accueillant, il tient « table ouverte » pour ses confrères, amis, gens de passage qu’il surnomme les « goélands »,

Généreux, toujours prêt à aider une personne en difficulté tant sur le plan matériel que sur les plans financier ou moral. Il peut accueillir pour des durées de temps variable des personnes en difficulté, souvent étrangères au pays, voire étrangères tout court.

C’est un homme dynamique, volontaire, tenace, aux réparties parfois vives, il ne recule pas devant les obstacles, surtout pas devant ceux dressés par l’Administration et l’État. Il est volontiers polémique, le combat est souvent fort rude, et parfois une certaine mauvaise foi apparaît dans ses propos.

Il en est de même sur le plan religieux où il entretient régulièrement par l’intermédiaire de son bulletin des polémiques assez vives avec ses « paroissiens lecteurs.

C’est aussi et surtout un homme religieux, à la bonté simple, toujours prêt à accueillir l’autre, croyant ou non. C’est un homme aimant profondément sa paroisse et sa petite commune.

constant larboulette recteur de damgan 1Quelle fut son influence sur Damgan?

C’est un homme d’action, imaginatif, entreprenant. Les réalisations sont nombreuses et importantes, la restauration de l’église, les constructions de l’école Notre- Dame, d’une salle de spectacle et de cinéma, de l’« Abri du culte » pour accueillir les estivants…

Le père Larboulette est omniprésent et participe activement à l’animation de Damgan en organisant au printemps des voyages, l’été des kermesses et des fêtes folkloriques.

Foncièrement conservateur, bien ancré dans ses convictions, mais sachant également être très moderne, il a su s’adapter à l’évolution de l’Église et aussi à celle de la société. Il a su faire bouger ses paroissiens notamment après le concile et a participé activement à la vie et à la transformation de la commune. Conscience morale, il exprime sans concession ses idées concernant l’évolution de la société. Il aborde tous les domaines : l’autorité, la liberté, l’alcoolisme, l’évolution des mœurs, la politique, l’écologie, la maladie, la mort.

À travers la synthèse de textes extraits du bulletin, nous voulons faire découvrir cet homme, un personnage un peu hors du commun, au volontarisme certain mais toujours au service des autres. Un homme véritable témoin de trente années qui ont changé durablement tant le visage de l’Église que celui de la société. (Les Trente Glorieuses).

C’est l’histoire de sa paroisse, de son village dans une société en pleine mutation, une histoire tout à fait semblable à celle de toutes les communes rurales de la France de l’époque.

Merci à vous deux pour ce formidable travail.

Vous pourrez les rencontrer lors d’une conférence sur le livre à la maison de l’huître le dimanche 4 août à 18h30 et lors de la Fête de la Mer, le 11 août, toujours à Pénerf, au salon du livre.

 

 

Affiche conférenc larboulette

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

3 + 5 =